SAUVONS LES ABEILLES

Bruxelles veut assurer la survie des abeilles

Bruxelles veut assurer la survie des abeilles
Très préoccupée par la disparition des abeilles, l'Union Européenne (UE) envisage désormais la création d'un laboratoire continental sur leur santé

Des décennies que leur population se réduit. Un véritable fléau vu leur rôle majeur dans l’équilibre de l’écosystème et la production alimentaire – 84 % des espèces de plantes, cultivées ou non, sont pollinisées par les apidés – que l’Union Européenne (UE) veut impérativement endiguer.

Le nombre d’abeilles ne cesse donc de diminuer mais les experts échouent toujours à hiérarchiser les facteurs responsables de l’hécatombe. Celle-ci est imputée pèle-mêle à l’utilisation abusive de pesticides, à la prolifération des organismes génétiquement modifiés (OGM), au réchauffement climatique, aux virus, au parasite varroa, dont l’impact dévastateur sur les ruches ne souffre plus aucune contestation, et par certains scientifiques aux téléphones portables.

Bien qu’il n’existe toujours aucune preuve formelle d’une corrélation entre leurs ondes et la mort des abeilles, une étude du suisse Daniel Favre, un ancien biologiste devenu enseignant, vient d’ailleurs de renforcer les soupçons qui pèsent sur les terminaux. Réalisée entre février et juin 2009 mais publiée il y a seulement quelques jours, ladite étude consistait en particulier à placer deux d’entre eux sur une ruche. Vingt à quarante minutes après leur mise en marche, les apidés ont commencé à émettre des sons aigus, comme pour appeler à la fuite… avant de redevenir calmes deux minutes à peine après l’extinction des téléphones.

Les ondes émises par les mobiles ne seraient cependant pas le facteur principal de la disparition des abeilles. Tout en reconnaissant l’existence d’une « nouvelle hypothèse de travail » et en n’excluant pas leur rôle dans le dépeuplement des colonies, le spécialiste suisse Jean-Daniel Charrière souligne en effet que les pertes sont « observées principalement en hiver, autant dans les régions retirées que dans celles plus fortement exposées à la téléphonie mobile », en plus de varier sensiblement d’une année à l’autre.

La création d’un laboratoire européen est à l’ordre du jour

 

En attendant une levée du voile via de nouveaux travaux, l’UE s’est de son côté engagée hier à l’issue d’une réunion des ministres de l’Agriculture des États membres à renforcer les systèmes de surveillance et à développer les données scientifiques sur la santé des apidés. Une annonce qui intervient quelques semaines après le cri d’alarme lancé par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Particulièrement affectée, la Grande-Bretagne avait quant à elle déjà lancé au coeur de l’été une batterie de programmes visant à mieux connaître les causes de l’inquiétante disparition des apidés.

Suivant le voeu des ministres, un laboratoire européen de référence sur leur santé pourrait prochainement voir le jour.  Cette nouvelle structure serait notamment chargée de la définition et de la coordination des méthodes employées par les Vingt-Sept pour analyser les maux dont souffrent les abeilles, de surveiller leur mortalité et d’assurer la formation des experts, la finalité étant de « continentaliser » les techniques de diagnostic. Une harmonisation qui semble indispensable pour se donner les moyens de protéger un insecte dont l’espèce humaine ne peut à l’évidence pas se passer. La réciproque est beaucoup moins vraie.

Crédits photos : flickr – Thomas Bresson / GIPE25