POUR COMPRENDRE LES OGM

Publié le par genetiquementmodifies.over-blog.com


 F1/OGM : une logique commerciale implacable s’est mise en place.

Les hybrides F1 sont des variétés issues de croisement de parents choisis par des sélectionneurs sur la base de leurs qualités précises. Ces croisements cherchent à marier les différentes qualités sélectionnées pour donner un avantage à la nouvelle génération (effet hétérosis) : vigueur accrue, qualité gustative, rendement, précocité…

Les plantes issues de semences de variété F1 sont homogènes et toutes identiques : taille, goût, couleur, comportement, résistances, conservation…

Par contre les qualités des semences hybrides sont perdues par leur descendance ce qui impose un rachat par le paysan de semences d’une année sur l’autre.

Sur le principe qu’ « on ne peut vendre à quiconque ce qu’il produit ou ce dont il dispose déjà à satiété » au début du XIXème siècle des gentilshommes-agriculteurs anglais imaginent, suite à leurs observations et à la mise au point de la technique de l’isolement, le système commercial de vente des semences aux agriculteurs en faisant perdre à ces derniers leurs compétences de sélectionneurs pour se l’approprier exclusivement. Au XXème siècle la technique de l’hybridation met au point cette approche de l’isolement au détriment de la l’approche de l’amélioration, instituant une technique de l’expropriation dans la mesure où les caractéristiques individuelles d’une génération à la suivante ne sont pas conservées (dépression consanguine). Il s’agit simplement d’une mystification scientifique sur laquelle le monde des semenciers s’est constitué au détriment des paysans, rendant l’achat des semences au fil du temps obligatoire. Cette démarche est très exactement la même que celle des semenciers actuels ! Elle est le prélude à l’arrivée des Organismes Génétiquement Modifiés !

Un OGM est défini par la règlementation européenne comme « un organisme dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». La modification en question consiste en le transfert d’un ou de quelques gènes depuis un autre organisme (de la même espèce ou d’une autre espèce), ou l’inactivation de gènes.

En croisant des plantes, comme Mendel ses petits pois et Morgan ses mouches, l’homme transfère depuis longtemps des gènes d’un organisme à un autre. L’hybride F1 serait-il donc un OGM qui s’ignore ? Pas tout à fait, car, à la différence du F1, l’OGM a été obtenu non par reproduction, mais par modification ciblée de son génome grâce à une intervention humaine hors de toute mécanique de reproduction et de croisement. C’est donc essentiellement la méthode qui fait la différence, et non le but atteint.

Quelles sont les conséquences de cette différence de méthodes ? Dans le cas du croisement naturel faisant intervenir la reproduction, ce sont des milliers de gènes qui sont échangés de façon aléatoire. Il y a donc tout un travail de sélection au fil de génération.

Pour l’OGM, l’expérimentateur choisit le ou les quelques gènes à insérer dans le génome. Pour introduire un caractère dans une variété et répondre à des besoins et des environnements particuliers, il fallait donc une dizaine d’années ou plus au sélectionneur pour croiser et recroiser les différentes générations jusqu’à obtenir le résultat voulu, alors que quelques mois suffisent pour obtenir un OGM.

Autre conséquence biologique grave : l’OGM permet de s’affranchit de la barrière entre espèces. Le sélectionneur ordinaire ne peut marier que des variétés d’une même espèce, ou des espèces proches : un des critères qui définit l’espèce (mais qui est sans cesse remis en cause) est justement l’étanchéité du matériel génétique de chacune l’une envers l’autre. Mais pas le généticien qui fabrique un OGM ! La technique a su s’affranchir de la barrière interspécifique en trouvant le moyen de placer directement dans un génome un gène d’une autre espèce. Ceci a des conséquences graves car la mécanique biologique par reproduction comporte des principes d’équilibre, de rejet, de viabilité, autant de mécanismes que la fabrication d’OGM ignore complètement !

Les techniques sont également très différentes. Pour modifier génétiquement une plante, on n’agite plus une fleur sur une autre. Une méthode a été développée dans les années 60. On repère un caractère susceptible d’améliorer une variété de maïs, la résistance à un parasite par exemple (la pyrale, le plus connu, qui a la fâcheuse habitude de forer des galeries dans les tiges de maïs. Une larve de pyrale sur une tige altère le rendement de 5%. Vingt larves = zéro rendement !). Après avoir localisé le gène en question, on l’intègre dans le plasmide d’une bactérie. Le « plasmide » est un morceau d’ADN circulaire distinct de l’ADN du chromosome de la bactérie, et qui se multiplie de façon autonome.

Une fois l’ADN intégré dans le plasmide, on offre à la bactérie le milieu de culture qui assurera une multiplication optimale du gène étudié (ou bien le multipliera par une technique particulière, sans bactérie, la PCR). On récupère ensuite tous les plasmides, que l’on introduit dans une autre bactérie, qui a la propriété d’injecter de l’ADN de plasmide dans les cellules de plantes, et permet ainsi de produire des OGM. Mais ce n’est qu’en voyant pousser la plante que le sélectionneur-généticien saura si le gène a bien été intégré au sein du génome de son OGM et si, par d’autres mises en culture, le gène s’exprimera dans la descendance comme il l’a fait dans sa plante d’origine.

Car le problème posé par les OGM est le suivant : si rigoureuses que soient les techniques utilisées, le résultat est une affaire de probabilité ; nul ne sait dire de quelle façon le gène transféré s’intègre ni comment le site (toujours au hasard) de son intégration influe sur son expression… Il faut donc faire le bon choix parmi la collection d’OGM produits, ce que le sélectionneur, en principe, sait faire.

La technique s’étant améliorée, le paysan se retrouve encore plus éloigné de sa profession, n’ayant plus aucune ressource pour reproduire ses semences. La démarche commerciale n’ayant aucune limite (et une seule éthique : le productivisme) elle associe à une PGM (plante génétiquement modifiée) un ensemble de produits phytosanitaires issus de la même firme produisant la PGM.

Le paysan devient de plus en plus un simple technicien de surface agricole dont il ne maîtrise plus rien, c’est à dire « qu’il n’en connaît plus rien » non seulement sur sa compétence, mais également sur son existence, sa vie et la maîtrise qu’il en a. En d’autres termes : il perd son autonomie au sens où il perd sa capacité critique à l’égard de sa propre existence… nous retrouvons bien ici la problématique de la privatisation du savoir comme un élément indiscutable du fonctionnement du productivisme ; élément qu’il est fondamental de relier à ce qu’est, par définition, un brevet, et au fait que la prolétarisation en écologie politique n’est pas seulement une perte de compétence technique se traduisant par une perte de rapport de force politique, mais il s’agit surtout d’un phénomène de domestication des individus dans le but de les asservir psychologiquement.

Dans la suite de cette série de documents, il sera essentiellement question des PGM. La recherche sur les OGM d’une manière générale et l’utilisation d’OGM dans le secteur de la santé pour la reproduction de médicaments, ou bien le séquençage du génome humain et de la thérapie génique ne sont pas pris en compte et méritent d’autres développement qui sortent du champs investi ici.

 La question de la faim

La question de la faim est l’argument majeur utilisé pour faire accepter les nécrotechnologies (biocides) rebaptisées par les entreprises internationales du secteur de l’agro busines « sciences de la vie ». A la date de juillet 2010, la planète compte 6.8 milliards d’humains et l’on peut estimer que ce chiffre atteindra les 9 milliards dans quarante ans (2050).

Cette annonce régulière sur l’expansion démographique interroge et suscite beaucoup de craintes que les agro-semenciers utilisent pour mettre en avant leur savoir faire auprès des instances internationales telles l’OMC, la FAO, l’OMS etc. Cette approche par le domaine de la faim a permis au dernier G8 en juin 2010 d’aborder la question en ces termes : « la santé des femmes ». Ce thème dissimule en réalité une réflexion sur la planification des naissances. Car il faut enrayer la croissance démographique. Certains lobbys ou leaders politiques sont déjà sur ce terrain en réclamant par exemple en France que les allocations familiales soient inversement proportionnelles au nombre d’enfants, récompensant les familles à enfant unique.

Décidément, les allocations familiales seraient la panacée à bien des problèmes dans notre pays. Il y a lieu à se poser la question des familles dans nos sociétés et ce que nos dirigeants veulent en faire !

Nous nous retrouvons dans une configuration à double détente où d’un côté les agro-semenciers tentent et obtient les feux verts pour diffuser leurs produits afin de participer à l’alimentation mondiale, et d’un autre côté les instances internationales profitent de l’occasion pour mettre en place discrètement une régulation des naissance.

Dans la réalité, l’expérience montre que l’alphabétisation et l’éducation des populations, et en particulier des femmes, sont une bien plus sûre manière de venir à bout d’une croissance démographique déraisonnable pour que la terre puisse s’en accommoder dans le niveau de vie que nous nous sommes fixés. Car pour battre en brèche certains apôtres « d’une forme de décroissance à tout craint » vantant un néo-malthusianisme, il y a mieux à penser en terme de bien-être, d’autonomie, d’abondance et de démocratie, car la faim naît de la pauvreté des gens du Sud, alors que la production mondiale est aujourd’hui suffisante pour satisfaire largement l’ensemble de la population au-delà de 10 milliards d’habitants sur la terre (il faut 200 kilos d’équivalent céréales par an pour nourrir un habitant, et la production mondiale totale est déjà de 330 kilos par habitant, les 130 excédents actuels allant vers les usines d’aliments pour bétail ou bien vers les bio-carburants).

Mais pour cette ligne de pensée productiviste, la pauvreté est à l’origine de la faim, et il faut donc augmenter les rendements et améliorer les variétés en particulier dans les pays pauvres. Sauf que l’écologie politique a pu montrer que l’amélioration variétale, telle que proposée par le modèle productiviste (sous forme capitalisme ou soviétique), nécessite toujours plus d’engrais de synthèse (d’où pollution, efforts industriels énormes, etc. ) et une protection phytosanitaire engendrant des coûts monétaires et environnementaux en pleine explosion avec une dépendance accrue envers la pétrochimie (industries, pression sur les ressources, etc. ) et les nécrotechnologies. On le comprend : le système productivisme, né du paradigme de l’ère industrielle, produit bien plus de dégâts collatéraux qu’ils ne résout de problèmes concrets. Ainsi, son poids sur les populations, les sociétés, les individus et le monde ne peut être que croissant. La leçon est simple : il ne peut pas être « moralisé », « réorienté » ou « mieux maitrisé » puisque c’est bien son fonctionnement intrinsèque et sa finalité éthique (l’économisme) qui est à revoir complètement.

Ainsi, le système actuels des bourses d’aliments et des subventions allouées va d’abord profiter aux productions mécanisées laissant sur le bord de la route les paysans du Sud et en particulier de l’Afrique où la production d’aliments de première nécessité n’est pas en progression. Les multinationales sont présentes pour inciter à la mono production exportatrice diminuant ainsi le nombre d’agriculteurs et faisant grossir les villes côtières créant plus de misère. Le même phénomène existe en Asie, et en Amérique du Sud.

Si on prend le cas de la France, par l’intermédiaire d’une redistribution foncière il y aurait création d’emplois si le monde agricole revenait à une production fermière rémunératrice et adaptée aux contraintes modernes. Les solutions sont donc ailleurs dans un autre modèle de production, et donc un autre modèle de société.

 La production agricole

Changer de modèle implique d’observer les modèles déjà connus et de les divulguer, même si ils vont à l’encontre des agro-semenciers. Donc de changer le rapport au savoir, c’est à dire de refuser la privatisation pour aller vers le libre accès (qui permet, en agriculture, l’autonomie intellectuelle et technique du paysan).

L’énergie alimentaire que nous dépensons, vient du soleil, via le mécanisme de la photo-synthèse, avec l’aide du carbone de l’air. Idéalement, il faudrait faire en sorte que pas un rayon de soleil ne retombe à terre. Il faut aussi que la plante soit correctement alimentée en eau et pas trop exposée au vent. Il faut donc des haies, des arbres d’ombrage pour créer un micro-climat qui permette de poursuivre le plus longtemps possible la photo-synthèse.

Ensuite, on se nourrit aussi de protéines végétales. Pour cela, il faut de l’azote que l’on trouve dans l’air ou dans les légumineuses (trèfle, luzerne, haricot, arachide, soja, acacia), qui sont capables de fixer ce gaz pour fabriquer des protéines végétales.

Enfin, on a aussi besoin d’éléments minéraux, dans le sol, qui sont moins renouvelables. Certaines plantes sont capables d’aller chercher ces minéraux en profondeur dans le sol, pour les recycler ensuite dans la couche arable en éléments fertilisants. L’acacia, par exemple, permet de créer un micro-climat très fertile.

De fait, il faut travailler en circuit court, sur la gestion des cycles de l’eau, du carbone, de l’azote et des éléments minéraux. Donc, en oubliant la monoculture, la « chimisation », les tracteurs, mais en travaillant sur l’association des variétés pour faire une agrobiologie renouvelable. Il est nécessaire de recréer des zones de haies, des associations variétales complémentaires, re-localiser la production, mais aussi les centres de décisions, voilà des orientations qui en plus de créer de nouveaux emplois, préserveraient la terre et modifieraient qualitativement notre alimentation en se soustrayant aux dictats des enquêtes d’opinions et des grandes surfaces de distribution.

L’objectif et la vocation de l’agriculture, c’est de faire de « bons produits », bons aussi pour la santé, en revenant aux principes fondamentaux de l’agronomie. Dans les urgences françaises, il faut reconstituer l’humus de nos sols, remettre de l’azote dans la terre par les légumineuses et rediversifier nos agricultures. Voilà un schéma qui va à l’encontre de l’agrochimie et des OGM.

Mais « bons produits » veut également dire des produits qui ont du goût, du caractère, c’est à dire des produits qui forment le goût, éduque les sensations et ainsi forment le psychisme des individus, car il n’y aura pas de société Républicaine sans individus aptes à remplir pleinement leur rôle de citoyen. Or, le citoyen est un être éduqué, sensible, nourri et enrichi par des goûts et des perceptions qui sont des élément essentiels dans son apprentissage de la vie. Il n’y a pas de citoyen pensable hors de l’apprentissage du savoir, mais aussi hors de l’expérience du sensible ; et l’alimentation, en tant qu’expérience vécue dès le plus jeune âge, est un élément indispensable dans la constitution d’un individu équilibré.

 La santé face aux PGM (Produits Génétiquement Modifiés)

Les risques des PGM pour la santé (individuelle et/ou publique) peuvent se lister ainsi :

1. Risque toxique lié à l’ingestion des pesticides par le consommateur

Aucune étude indépendante n’a pu aller jusqu’au bout pour garantir l’innocuité des PGM sur la santé. Une grande étude sur les risques ou l’absence de risque serait très utile pour les consommateurs.

2. Risque lié à l’ingestion d’insecticide fabriqué par certaines plantes OGM (dit insecticide protéique, qui n’a  jamais été évalué)

Là aussi, aucune étude n’a été réalisée sur l’ingestion du principal trait de caractère que porte les PGM de grande production : un insecticide

3. Risque microbiologique avec une aggravation possible de la résistance aux antibiotiques (transférée par des gènes marqueurs)

Là le sujet a été si flagrant que la nécessité de supprimer les antibiotiques comme marqueur génétique de l’avantage inséré est nécessaire.

4. Apparition possible de nouveaux virus pathogènes par recombinaisons virales.

Des études sont nécessaires là aussi.

5. Effets allergisants des OGM, très sommairement étudiés.

Des cas ont été répertoriés lors de consommations publiques sur certains produits allergènes telle la tomate Flavr Savr qui a été retirée de la consommation (résistance à un antibiotique la kanamycine), mais on constate que dans les états où les OGM sont utilisés depuis longtemps (USA et Canada par exemple) la proportion d’individu souffrant d’allergies graves aux féculents est en forte augmentation.

6. Effets des OGM non prévisibles, ou « l’effet Pusztai » (risque de modification de l’expression habituelle des gènes).

Là, les effets ont été constatés

7. Risques des OGM liés au franchissement délibéré de la barrière des espèces

De nombreuses études existent et ont imposé des barrières de protection concernant la production en pleins champs de PGM.

 La pollution due aux PGM / impacts sur l’environnement

Les risques de pollution et d’atteinte à l’environnement sont beaucoup plus connus que les questions liées à la santé, car le bon sens paysan permet de voir les choses. A cela, il faut ajouter que le poids financier de la séparation des filières (PGM et non PGM) incombe à la filière non PGM, car les risques de pollution d’un non PGM par un PGM est plus grand lors du transport des graines moissonnées.

Peuvent être répertoriés les éléments suivant en ce qui concerne les risques pour l’environnement :

1. réduction de la biodiversité due à l’agressivité des caractères compétitifs que les plantes OGM (dites PGM) expriment vis à vis de la flore et de la faune.

2. dispersion des transgènes par voies de pollinisation, avec risque de dissémination de gènes de résistance à des herbicides par exemple. Des « mauvaises herbes » résistantes aux herbicides totaux apparaîtront alors qui nécessiteront l’emploi de pesticides encore plus toxiques pour s’en débarrasser.

3. se pose aussi la question de la coexistence de différents systèmes agraires puisque des cultures n’utilisant pas d’OGM peuvent être polluées.

4. adaptation des prédateurs aux toxines transgéniques qui deviendront inefficaces et destruction d’insectes auxiliaires utiles.

5. modification possible de microorganismes du sol

6. accentuation de la pollution par les pesticides

Rappels : 71%  des OGM sont des plantes prévues pour supporter des traitements herbicides et 28% sont des plantes prévues pour sécréter leur propre insecticide : 99% des plantes OGM sont donc des « plantes à pesticides » ! En effet, les plantes OGM ont été présentées au public comme étant des plantes appelées à résoudre, outre la faim dans le monde, les problèmes de pollutions par les pesticides, en réduisant l’emploi de ceux-ci en agriculture.

Or, les firmes de l’agro-industrie ont vu, avec l’exploitation agricole industrielle des OGM, la possibilité d’augmenter la vente de certains pesticides par la commercialisation de plantes OGM résistantes à ces herbicides particuliers, comme le fameux « Round Up ».

Le principe est simple : quand des semences sont tolérantes à un herbicide, elles sont les seules à le supporter et le produit tuera donc toutes les autres « mauvaises herbes » du champ. Pour les firmes, le bénéfice est double car elles vendent à la fois leur semence OGM (plus chère que la semence classique) et leurs pesticides. La culture du soja transgénique résistant au Round Up aux Etats-Unis a conduit à une augmentation des ventes de cet herbicide de 72% depuis 1997.

 L’économie des PGM (Produits Génétiquement Modifiés)

L’économie politique sur les PGM peut se résumer en utilisant un article de Jean-Pierre Berlan (paru dans « le Passant ordinaire » en 2001), article où peu de choses ont été modifiées pour l’actualiser :

  1. Qui produit des PGM ?

Un petit nombre de firmes transnationales dominent maintenant les deux domaines jumeaux de la biologie appliquée, celui de l’agriculture (de la génétique agricole pour être précis) et celui de la santé. Ces firmes chimiques et pharmaceutiques cherchent à se reconvertir dans les « sciences de la vie » parce que les résistances sociales à l’emploi des produits chimiques dangereux pour les hommes, les animaux et la vie en général se multiplient, que les coûts de la recherche et de l’agrément de nouvelles molécules croissent, et que la rentabilité de ce secteur baisse. Elles veulent donc reconvertir leur capital dans le domaine qui offre, de leur point de vue, des profits illimités, celui du « vivant ». Pour paraphraser Descartes, elles veulent se rendre « comme maîtres et possesseurs du vivant ».

Ces firmes produisent des pesticides, des fongicides, des herbicides, des bactéricides, des gamétocides. Leur technologie emblématique est Terminator, une transgénèse qui permet de produire des plantes qui produisent un grain stérile.

Quelques noms de producteurs de PGM :

ADVANTA, ALTADIS, ARVATIS, AVENTIS, BASF, BAYER, BIOGEMMA, CFS, DOW AGROSCIENCES, DU PONT DE NEMOURS, GNIS, LIMAGRAIN, MAISADOUR, MERISTEM THERAPEUTICS, MONSANTO, PIONEER, SYNGENTA …

  1. Pour quels objectifs ?

Maximiser le taux de profit : c’est la règle suprême !

Comment ? En agriculture, plutôt que d’OGM, il s’agit pour l’instant de variétés génétiquement manipulées (VGM). Pour gagner de l’argent avec une VGM, il faut en vendre les « semences » à l’agriculteur, ce qui n’est possible que si l’agriculteur ne peut plus semer le grain qu’il a récolté. Plutôt qu’aux sciences de la vie, ces transnationales s’intéressent avant tout à la non-vie.

En bref, tant que les plantes et les animaux se reproduisent et se multiplient dans le champ du paysan, le capital ne peut ni se reproduire, ni encore moins se multiplier au bilan de l’investisseur des « sciences de la (non-)vie » Aussi invraisemblable que cela paraisse, l’objectif final de notre société et de SA science est d’interdire aux plantes et aux animaux de se reproduire dans le champ du paysan…

Les moyens pour arriver à un tel résultat sont multiples : au XXe siècle, les « hybrides » (des variétés qui ont la propriété de s’auto-détruire dans le champ du paysan) ont été la voie de recherche privilégiée, parfois exclusive, de la recherche agronomique (publique) et de la génétique agricole. Ceci au nom d’un phénomène inexplicable, « l’hétérosis », un mythe créé de toutes pièces dès 1914 pour justifier par la nature la mise en œuvre d’une technique de stérilisation du vivant. Mais de plus en plus les firmes prêtèrent aux « hybrides » coûteux et inefficaces le droit de brevet permettant de socialiser les coûts de faire respecter le privilège qui leur serait ainsi accordé. Elles disposent aussi de la technique Terminator qui permet de rendre stériles les semences de deuxième génération.

  1. Avec quelles conséquences ?

D’un point de vue économique (en fait, du simple bon sens), toute entrave à la faculté fondamentale du vivant de se reproduire et de se multiplier est un gaspillage qui revient à nous forcer à fermer nos portes et fenêtres pour permettre aux marchands de chandelles de lutter contre la concurrence déloyale du soleil. Pour tout libéral, un tel privilège est un anathème.

Ce même libéral s’élèverait de façon véhémente contre la menace pour nos libertés publiques qu’entraîne un tel privilège. Le faire respecter implique une société policière, comme le montre l’exemple de Monsanto avec les détectives Pinkerton chargés de débusquer les agriculteurs « pirates » ou les détectives qui circulent déjà en France dans les vergers pour y faire des prélèvements à l’insu des agriculteurs.

Les transnationales veulent faire du paysan un « pirate » !
Le masque est levé, le « néo-libéralisme » actuel n’est qu’une forme vulgaire du libéralisme. Ainsi, le miracle orwellien du terme « néo » permet-il qu’une doctrine politique cohérente et respectable, même pour ceux qui ne la partagent pas, devienne le moyen de justifier son contraire.

Enfin, toute notre expérience historique dans ce domaine montre que :

  1. la privatisation du vivant (« hybrides », le précédent de la « sélection continue » au XIXe siècle, et dans le domaine animal, les Livres des Origines instaurant un monopole sur le « sang » des animaux) freine le progrès génétique ;
  2. l’existence de puissantes firmes privées entrave le développement de recherches plus utiles mais qui ne leur sont pas profitables. Même lorsque l’idéologie officielle est celle du service public de la recherche, ces firmes canalisent l’effort de recherche publique et en capturent les fruits. A fortiori, lorsque c’est celle de son asservissement comme maintenant. Les carences en matière de recherches agronomiques sur des formes d’agriculture respectueuses de l’environnement, de la santé des producteurs (combien d’intoxications mortelles ou invalidantes d’agriculteurs, de leur famille et d’ouvriers agricoles dues aux pesticides ? Le voile commence à se lever), et du public, vers lequel il convient de s’engager résolument pour éviter le désastre annoncé en matière d’environnement et de santé publique n’a pas d’autre cause.

Si nous suivons cette logique mercantile les transnationales sont en train de s’approprier le vivant, déjà elles se sont accaparé l’eau, demain elles taxeront l’air que nous respirons, après demain elles nous interdirons l’accès au soleil.

  1. Selon quels moyens ?

Ils sont connus, classiques, mais bien perfectionnés depuis que Georges Orwell les a décrits en 1946. C’est la propagande en novlangue : les effets d’annonce, « percées » et autres « avancées significatives » dans la « maîtrise du vivant », les promesses d’un monde d’abondance, écologique, débarrassé des grandes endémies (en réalité sociales et politiques) que sont l’obésité, le cancer, les maladies mentales, l’alcoolisme, etc. Elles veulent nourrir la planète en protégeant l’environnement !2 Le rideau de fumée du meilleur des mondes dissimule la réalité totalitaire du monde plus profitable qu’il s’agit d’imposer. Les biologistes ne voient pas plus loin que les quelques crédits et quelques postes pour lesquels ils pourront concourir grâce au « partenariat » transnational maintenant obligatoire. Certains rêvent de quelque « percée significative » débouchant sur un brevet et qu’ils pourront déposer en leur nom et commercialiser grâce à la légalisation récente d’une forme inédite de corruption du service public. Dans ces conditions, ne vaut-il pas mieux être employé par l’Etat qui permet de privatiser une « percée significative » que par le privé qui la confisque pour ses actionnaires ?

Un exemple de novlangue : « le privilège de l’agriculteur », semer le grain récolté, l’acte fondateur de l’agriculture de nos civilisations. Les hautes autorités en discutent doctement. Où est le privilège ? Respirer ou jouir de la lumière du soleil sont-ils des privilèges ? Prenons garde, ils le deviendront un jour par un tour de passe-passe sémantique. L’histoire ne démontre-t-elle pas avec constance qu’aristocrates et investisseurs ont toujours préféré le privilège de récolter ce qu’ils n’ont pas semé au labeur du paysan de semer ce qu’il a récolté ? Que signifie cette inversion du langage si ce n’est que le vivant appartient aux investisseurs et que ceux qui l’utilisent sont irrémédiablement piégés ?

Observons que dans un pays comme les Etats-Unis, 50 % au moins de la population souffre de formes diverses de malnutrition, obésité surtout, maladies cardio-vasculaires, cancers, carences diverses. Partis après la guerre avec un handicap dans la course au « progrès », les pays européens mettent les bouchées doubles (si l’on peut dire), pour rattraper leur retard dans le domaine de l’obésité qui prend des proportions alarmantes chez les jeunes.

La cause principale de ces maladies est connue : l’agriculture industrielle et son prolongement, l’alimentation industrielle. A qui fera-t-on croire que ces problèmes seront résolus avec des OGM, qui marquent au contraire une fuite en avant dans la prise de contrôle de notre alimentation et de l’agriculture par ces quelques firmes ? A qui fera-t-on croire que les OGM, Terminator par exemple, contribueront à résoudre le problème de la faim et de la malnutrition dans le Tiers-Monde ? Amartya Kumar Sen économiste, prix Nobel d’économie en 1998, a démontré avec précision ce que nous savions intuitivement depuis longtemps : ce sont les démocraties, inséparables d’une plus grande égalité de revenus et donc d’une répartition pas trop inégalitaire des moyens de production (la terre en particulier), qui nourriront le Tiers-Monde, non les transnationales qui soutiennent depuis toujours les régimes les plus réactionnaires. Ajoutons que des progrès historiquement inouïs des rendements agricoles depuis la guerre reposent sur la libre circulation des connaissances et des ressources génétiques, en quelque sorte sur leur mondialisation. Les transnationales en veulent la cartellisation. Nouvel exemple de novlangue préparant une formidable régression dont on connaît, depuis le traité de Tortesillas (1494) partageant le monde entre l’Espagne et le Portugal, les funestes conséquences.

Ces transnationales venues de la chimie opèrent selon les principes de la persuasion clandestine consistant à manipuler les personnes qui ont la confiance du public, les hommes politiques, les scientifiques, les « régulateurs », de façon à ne pas apparaître en première ligne. Les argumentaires différents, mais grosso modo les vieilles ficelles du Progrès, de l’emploi, de l’écologie (le « Greenwash »3) continuent de servir. Cet argumentaire préparé par des firmes de relations publiques est alors relayé par les media, lesquels sont tenus d’ailleurs par les annonceurs – les mêmes transnationales4 Quant aux scientifiques, circonvenus par les contrats qu’ils sont incités à signer avec ces transnationales, ils se taisent. Ces dernières achètent au coût marginal (la puissance publique supportant le coût des investissements lourds et des salaires) les résultats d’années de recherche et d’accumulation de compétences, et surtout, ces résultats provenant d’une recherche publique possèdent une légitimité sociale et économique qu’ils n’auraient pas s’ils avaient été produits par les firmes. Par exemple, les « hybrides », ces variétés ayant la fantastique propriété de s’autodétruire dans le champ du paysan, soulèveraient beaucoup plus de résistances s’ils avaient été proposés par des entreprises privées. Le paysan aurait des soupçons. Mais comme la recherche « publique » (novlangue, toujours) les proposait au nom de l’intérêt général et qu’il s’agissait d’un nouveau triomphe de la Science…

Cette analyse des OGM agricoles vaut pour la santé, moyennant quelques modifications. La théorie génétique actuelle de la maladie avec ses prolongements de « médecine prédictive » ne vise pas autre chose que de faire de toute personne en bonne santé un malade potentiel et de prendre le contrôle de notre santé, comme ces firmes ont pris le contrôle du vivant en agriculture. Il est évidemment plus profitable de transformer des individus bien-portants en malades potentiels que des malades en personnes bien-portantes. C’est aussi plus aisé : chacun de nous est en effet porteur de dizaines de soi-disant « maladies génétiques ». Un tel projet exige que les coûts en soient socialisés et les profits privatisés : le projet génome humain et les différents projets de décryptage ne visent pas autre chose. Les « hybrides » et Terminator sont aussi le fruit de la recherche « publique ».

La maladie génétique nous vole de notre responsabilité individuelle et de notre responsabilité collective (c’est-à-dire politique) sur notre santé. Pour les « politiques », cette naturalisation et individualisation de la maladie sont un souci de moins. Puisque c’est génétique, confions les gènes aux transnationales. L’effondrement final de tout système de sécurité social est proche, ouvrant enfin la voie à un système privé dont le coût est, on le sait, inversement proportionnel aux performances (comparons Angleterre, France, Etats-Unis). Et continuons pour des raisons de profit, à multiplier les polluants, y compris les OGM, autour de nous. Tout ira ainsi pour le mieux, sinon dans le meilleur des mondes possibles, du moins dans le plus profitable.

 Des solutions sont possibles, mais uniquement dans la globalité !

Certains éléments agricoles ont été abordés dans les textes précédents, d’autres sont à étudier aussi ; et, en premier, une révision profonde de la gestion et le rapport au foncier. Aujourd’hui, sa répartition est absolument injuste. Il est accaparé par les grandes fortunes ou par les entreprises internationales avec en particulier un mouvement en Afrique d’accaparation par ces transnationales. Mais là encore, il faut toujours revenir aux bases fondatrices du paradigme de l’ère industrielle, l’économisme, qui postule que la vie n’a pour seule finalité que la production, le travail-salarié et (ce qui nous intéresse ici) le capital-propriété. Ainsi, s’attaquer à cette répartition des terres n’est pas une simple mesure, c’est une remise en cause fondamentale du paradigme qui gouverne nos sociétés depuis 200 ans sur la question du rapport existentiel à la propriété et à la terre. Il s’agit donc, derrière cette question, d’un véritable projet alternatif de société et non d’une simple mesure visant à mieux répartir les terres (mesure qui ne pourra qu’être un échec faute d’avoir compris la globalité du problème).

Ensuite, une répartition plus équitable de la production par une relocalisation des choix d’exploitation des surfaces traitées permettrait déjà une autre vision du monde agricole qui n’aurait pas pour orientation le profit.

Un autre domaine qui demande à être exploré est la revitalisation des semences paysannes enfermées dans la législation toujours plus contraignante en faveur des semences certifiées (à ne pas confondre avec les semences fermières qui sont des semences issues de la récolte de semences certifiées achetées à un semencier, uniquement possible pour les plantes autogames).

La semence paysanne est un concept récent mais trouvant son fondement dans une réalité ancestrale. Plusieurs pays (Brésil : maïs, Syrie : blé, France : maraîchage,…) sont revenus sur la recherche en ce qui concerne les semences paysannes.

Un combat violent se livre à cet endroit entre les porteurs des ces lignées anciennes reconstituantes de la biodiversité et des tenants d’une agriculture standardisée et aseptisée. Ainsi, comme déjà affirmé plus haut, la relocalisation de la production associée à la relocalisation des centre de décisions serait un levier exemplaire pour redynamiser la production agricole afin qu’elle répond à ses missions de production, d’environnement et de lien social.

La revitalisation, dans ce schéma là, de la production biologique en indépendance des centrales de distribution serait d’un apport bénéfique.

Comme pour les produits « équitables » sous label officiel, la production bio actuelle a tendance à suivre les marchés de la grande distribution qui lentement, mais sûrement, impose ses critères de sélection jusqu’à acquérir ses propres terres pour assurer la production en monoculture des articles qu’elle souhaite distribuer. En ce sens, les habitudes alimentaires insufflées par une propagande ventant immanquablement les productions issues de l’industrie alimentaire posent de véritables problèmes de structuration des familles. Ainsi, l’écologie politique montre donc que la question agricole ne trouvera pas de solution isolée, mais une solution dans un projet de société dans lequel la réforme de l’agriculture ira de pair avec la question d’un savoir libre d’accès, avec la question de l’autonomie de l’individu et avec la prise de conscience qu’il faut lutter contre le consumérisme et sa propagande psychologique (c’est à dire interdire la publicité qui s’impose à l’individu sans son consentement explicite).


 Quelques propositions concrètes pour une agriculture de qualité

  1. Interdire les importations d’OGM agricoles en France et en Europe (en ayant recours au Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques relatif à la Convention sur la diversité biologique)
  2. Interdire les expérimentations en plein champ
  3. Interdire les cultures actuelles d’OGM
  4. Mettre en place une réglementation rigoureuse sur l’étiquetage des produits contenant des OGM
  5. Soutenir le boycott des produits contenant des OGM
  6. Accroître l’effort de recherche pour comprendre le monde du vivant
  7. Considérer les résultats des recherches comme des biens communs inaliénables de l’humanité et accessibles à tous
  8. Se retirer de l’AGCS et de l’OMC, et développer une recherche plurielle, multidisciplinaire et indépendante, en particulier par rapport aux intérêts des multinationales
  9. En finir avec la prétendue neutralité scientifique et créer un dialogue permanent entre les chercheurs et la société afin de décider les objectifs et priorités des recherches, et mettre la recherche directement au contact des citoyens en formant les chercheurs à une compréhension du monde où ils vivent.
  10. Interdire tout brevet sur le vivant : se retirer de l’Accord sur les droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) de l’OMC et faire abroger la directive européenne 98/44
  11. S’inspirer du régime de propriété intellectuelle « copyleft » pour garantir une juste rémunération de tous les acteurs économiques.
  12. Revoir les protocoles d’évaluation des risques, dont certains datent des années 1970 ; évaluer le niveau de risque acceptable en fonction de l’intérêt général avant usage d’une nouvelle technologie hors de la « sphère de la recherche » (où celle-ci peut être utilisée pour les seules finalités de la recherche).
  13. Ne plus restreindre ces évaluations aux seuls critères scientifiques ou financiers : le principe de précaution doit être appliqué, le Protocole de Carthagène doit primer sur l’OMC pour préserver l’environnement, les générations futures et les autres activités humaines.
  14. Garantir l’absence de toute augmentation des coûts pour le producteur et le consommateur qui refuse les OGM
  15. Garantir l’accès à des produits sans traces d’OGM, et dont aucun ingrédient n’est issu d’OGM ; dénoncer l’accord commercial avec les Etats-Unis qui empêche l’Europe de produire une alimentation sans OGM pour son bétail
  16. Rompre avec les pratiques agricoles productivistes et de la grande distribution
  17. Développer de nouvelles pratiques agricoles pour faire accéder les populations les plus pauvres à l’autonomie alimentaire et préserver la biodiversité
  18. Développer l’apprentissage des pratiques alimentaires dans les populations (réapprendre à cuisiner, libérer du temps, mettre en place des filières courtes, etc. )
  19. Etendre la responsabilité civile à l’ensemble de l’environnement et permettre aux victimes de demander réparation à l’auteur du dommage causé par des OGM
  20. Faire participer des citoyens aux prises de décision, au contrôle de leur mise en œuvre et à leur évaluation. Il est possible de s’inspirer des conférences de citoyens telles que pratiquées au Danemark. Elles ont démontré la capacité des « profanes » à s’approprier un dossier complexe pour donner un avis digne des assemblées politiques et scientifiques.
  21. Reconsidérer l’attribution du foncier pour :
    1. préserver ou rétablir les équilibres biologiques et écologiques ;
    2. recenser les ressources naturelles et d’en assurer une sage gestion ;
    3. sauvegarder ou restaurer les espaces naturels, les paysages et les sites ;
    4. prévenir et combattre les pollutions ;
    5. développer et réaliser des établissements humains et les équipements de façon que soit assuré un équilibre entre les régions et dans chacune d’entre elles ;
    6. organiser les établissements humains, ruraux et urbains dans le souci du développement de communautés vivantes et responsables, et dans celui de l’épanouissement physiologique des personnes qui les constituent ;
    7. favoriser le développement économique ;
    8. définir les règles d’affectation du sol et des richesses naturelles et d’en assurer la maîtrise collective chaque fois que celle-ci doit favoriser la réalisation des objets ci-dessus définis ;
    9. de former les hommes et d’organiser les collectivités de façon qu’elles assument pleinement leurs responsabilités.
  22. Créer les conditions d’une revitalisation des échanges locaux en promouvant une véritable politique de relocalisation des espaces de décisions

Tant que toutes ces conditions ne seront pas remplies et que la charge de la preuve de l’innocuité et de l’utilité sociale n’incombera pas à celui qui veut introduire une nouvelle technologie, le moratoire doit être renforcé et les OGM doivent rester en milieu confiné.

Les projets au-delà des OGM (biotech, nanotech, biologie moléculaire,…)

L’industrialisation de la biologie, et donc de la biologie synthétique, suscite une frénésie d’investissement porté par de nouveaux marchés purement spéculatifs comme l’énergie, avec la production de biocarburant et la bourse des émissions de CO2 décidée par l’accord de Kyoto, la chimie, la pharmacie, la détection des substances (organismes sentinelles) ou la décontamination de l’environnement.

Les questions liées à ces technologies sont les même que celles posées par les problèmes liés aux OGM : sont-elles utiles socialement, quel est le coût social de ces technologies et qui le supporte ? La transparence est-elle de rigueur dans ces domaines ? Un contrôle autre que commercial est-il exercé ?

L’industrialisation de notre monde, la course à la croissance, qui aujourd’hui s’apparente exclusivement à une croissance financière, éloigne les centres de décisions de notre quotidien.


Notes de lectures

Société civile contre OGM : arguments pour ouvrir un débat public

Collectif

Editions Yves Michel

Plantes et aliments transgéniques

Jean-Marie Pelt

Pocket Fayard

La bio piraterie ou le pillage de la nature et de la connaissance

Vandana Shiva

ALiAS etc

Les OGM en guerre contre la société

Attac

Mille et une nuits

La guerre au vivant

Dirigé par Jean Pierre Berlan

Agone

L’agriculture talon d’Achille de la mondialisation

Jacques Berthelot

L’Harmattan

Graines suspectes

Robert Ali Brac de la Perrière et Franck Seuret

Enjeux planète

Santé, mensonges et propagande

Thierry Souccar et Isabelle Robard

Seuil

Ces OGM qui changent le monde

Gilles-Eric Séralini

Champs / Flammarion

Vers un commerce équitable

Minga

Utopie foncière

Editions du Linteau

Agricultures africaines et marché mondial

Marc Dufumier

Fondation Gabriel Péri

Publié dans Science

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