L’herbicide Roundup de Monsanto est lié à des anomalies congénitales

Publié le par CED

Une grande étude scientifique récente a confirmé la conviction grandissante que l’ chimique le plus utilisé dans le monde, le de Corporation, est toxique et un danger pour l’organisme humain aussi bien qu’animal. La dernière recherche scientifique, effectuée par une équipe scientifique multinationale dirigée par le professeur Andrés Carrasco, directeur du Laboratoire d’embryologie moléculaire à la faculté de médecine de l’université de Buenos Aires et membre du Conseil national sur la recherche scientifique et technique d’Argentine, présente la démonstration alarmant que et l’industrie agro-alimentaire des ont systématiquement menti au sujet de l’innocuité de leur . À des concentrations de loin plus faibles que celles utilisées dans l’agriculture, le est lié à des anomalies congénitales. Les implications sont énormes pour la santé. Toutes les grandes cultures d’ sur le marché aujourd’hui sont génétiquement manipulées pour « tolérer » l’ .

Global Research, F. William Engdahl, 30 septembre 2010

Le glyphosate a été breveté par dans les années 70, bien avant la commercialisation des , comme dit à large spectre. Il est généralement pulvérisé sur les feuilles et absorbé par elles, ou utilisé comme forestier. Il a d’abord été breveté et vendu par sous le nom commercial . Le contient aussi d’autres produits chimiques secrets, que l’entreprise refuse de divulguer pour des raisons de « secret commercial. » À compter de 2005, 87% de la totalité des champs de soja de Zunie ont été plantés avec des variétés de soja génétiquement modifié résistantes au glyphosate et aspergés de .

Parce que les semences de soja génétiquement modifié Ready ou d’autres cultures ont été manipulées uniquement dans le but d’être « résistantes » à l’ , alors que toutes les autres plantes vivant dans les champs sont détruites par le , les agriculteurs utilisant des semences Ready doivent aussi acheter l’ , ce qui crée un marché captif pour à la fois les semences et les produits chimiques.

Le hic avec ce confortable arrangement, à part le fait que des « super-mauvaises herbes » résistantes au apparaissent comme une nouvelle catastrophe biologique (voir La catastrophe des en Zunie, une leçon pour l’Union européenne), c’est que le glyphosate, en tant que l’une des substances agricoles les plus hautement toxiques, est à présent démontré être lié à des anomalies congénitales. L’Environmental Protection Agency (EPA) du gouvernement zunien n’en continue pas moins de considérer le comme « relativement peu toxique et sans effet cancérigène ou tératogène. » En Zunie, il est notoire qu’en vertu de la doctrine de 1992 sur l’équivalence substantielle, qui affirme que les semences d’ sont « substantiellement équivalentes » aux semences ordinaires et n’ont par conséquent aucun besoin de tests de santé ou d’innocuité spécifiques, le gouvernement compte sur les données des essais de et de l’industrie agro-alimentaire pour pondre ses règlements de sécurité. Bien que les herbicides sont traités de manière un peu différente, le fait que l’industrie agro-alimentaire interfère grandement dans la politique gouvernementale a permis d’assurer jusqu’ici l’un des traitements de contrôle les plus laxistes pour le .


Des résultats alarmants

À présent, une nouvelle équipe internationale scientifique dirigée par le professeur Andres Carrasco et comportant des chercheurs du Royaume-Uni, Brésil, Zunie, et Argentine, a démontré que le glyphosate, l’ingrédient actif majeur du , provoque des malformations chez l’embryon de grenouille et de poulet à des doses bien inférieures à celles utilisées en pulvérisation agricole et bien en dessous des limites maximums des taux résiduels approuvés actuellement dans les produits en Union européenne. (1) Le groupe de Carrasco a été amené à étudier les effets embryonnaires du glyphosate par rapport à la fréquence élevée de malformations congénitales dans les régions rurales de l’Argentine, où le soja génétiquement modifié de , «  Ready » (RR), est cultivé dans de grandes monocultures aspergées régulièrement par des avions. Le soja RR est conçu pour tolérer le , ce qui permet aux agriculteurs de pulvériser généreusement l’ pour détruire les mauvaises herbes pendant que la récolte pousse.

Carrasco a présenté les conclusions de son groupe à une conférence de presse lors de la 6ème Conférence européenne des régions sans au Parlement européen à Bruxelles. Il a déclaré : « Les résultats en laboratoire sont compatibles avec les malformations observées chez les femmes exposées au glyphosate pendant la grossesse. »

De nombreux cas de malformations humaines ont commencé à être signalées en Argentine à partir de 2002, deux ans après que la pratique répandue de la pulvérisation aérienne de et les semis de soja RR ont commencé. Les animaux de laboratoire utilisés par le groupe de Carrasco partagent des mécanismes de développement similaires à ceux des humains. Les auteurs ont conclu que cela « suscite des inquiétudes concernant les découvertes cliniques pour la progéniture humaine des populations exposées au dans les champs agricoles. » Carrasco a ajouté : « La classification de toxicité du glyphosate est trop faible. Dans certains cas, cela peut être un puissant poison. »

Dans l’Union européenne, le taux résiduel maximum de glyphosate autorisé dans le soja a été augmenté de 200 fois, de 0,1 milligramme par kilogramme à 20 mg/kg en 1997, après que le soja Ready manipulé génétiquement a été commercialisé en Europe. Carrasco a constaté des malformations chez les embryons injectés avec 2,03 mg/kg de glyphosate. Le soja peut généralement contenir jusqu’à 17mg/kg de résidus de glyphosate.

En août 2010, une foule organisée a violemment attaqué des gens qui se réunissaient pour écouter Carrasco parler de ses recherches à La Leonesa, une ville de la province du Chaco. Des témoins ont impliqué dans l’attaque des figures locales de l’agro-industrie. Viviana Peralta, une femme au foyer de San Jorge, à Santa Fe, en Argentine, a été hospitalisée avec son bébé après une pulvérisation de par des avions qui volaient près de son domicile. Peralta et d’autres habitants ont intenté une action en justice qui a abouti dans un tribunal régional à l’interdiction des pulvérisations de et des autres produits agrochimiques près des maisons.


Note

1) Paganelli, A., Gnazzo, V., Acosta, H., López, SL, Carrasco, AE 2010. Glyphosate-based Herbicides produce terato-genic effects on vertebrates by impairing retinoic acid signaling. Les herbicides à base de glyphosate produisent des effets tératogènes sur les vertébrés en altérant l’acide rétinoïque de signalisation. Chemical Research in Toxicology, 9 août :
pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/tx1001749


F. William Engdahl est l’auteur de plusieurs ouvrages dont deux sont traduits en français :  : Semences de destruction : L’arme de la faim et Pétrole, une guerre d’un siècle : L’ordre mondial anglo-américain. Il est joignable par son site :
www.engdahl.oilgeopolitics.net.


Original : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=21251
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

Publié dans Science

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